Il est parfois difficile de reconnaître une situation où un élève est harcelé mais il est important de différencier les « chamailleries d’enfants » et le véritable harcèlement scolaire.

Lorsque cette violence est répétitive, accompagnée d’une intention de nuire et que la victime se trouve dans l’incapacité de se défendre, nous parlons de harcèlement.

Une personne peut être choisie car elle présente un handicap, une différence sociale ou physique, mais en réalité, tout le monde est susceptible d’être harcelé et devenir la cible de violences.

 

Celles-ci se trouvent sous différentes formes : physique (se faire pousser ou taper), psychologique (se faire manipuler), verbale (se faire intimider ou insulter) mais ne s’arrêtent pas à la frontière de l’école.  Le cyberharcèlement permet aux harceleurs de continuer à harceler leur victime sur internet, sur les réseaux sociaux -sous forme d’intimidations, de rumeurs, de moqueries, de piratages de compte, d’usurpations de l’identité digitale, de créations d’une page sur les réseaux contre la personne-, de cette façon elles touchent de manière permanente la victime et rendent la situation publique.

 

Les conséquences sur la victime sont nombreuses, elles peuvent durer des années selon l’individu et influencer leur vie d’adulte.

Les victimes peuvent souffrir de troubles du métabolisme et du comportement tels que des troubles alimentaires (anorexie, boulimie), des insomnies, des maux de tête, des maux de ventre… Souvent, la victime va se replier sur elle-même, tomber dans le silence et perdre l’estime de soi, avoir honte de sa situation, être anxieux et souffrir de stress chronique. Autant de raisons qui poussent les victimes à se sentir en insécurité à l’école et à ne plus s’y rendre, engendrant alors un échec scolaire voire une désociabilisation. Dans les cas les plus extrêmes, la victime peut faire de la dépression, avoir recours à de l’automutilation ou pire encore avoir des tendances suicidaires.

 

Sans oublier qu’il n’y a pas que la victime qui puisse en souffrir, le harceleur peut lui aussi être à l’origine de souffrances (manque d’empathie, dépendance à la violence, manque d’estime en lui, marginalisation, échec scolaire) et être en besoin d’aide. Selon une étude (Olweus, The nature of school bullying, a cross national perspective), 60% des enfants caractérisés comme « maltraitants » à l’école seront impliqués avant leur 24e année dans un fait de délinquance.

Le harcèlement scolaire touche 750 000 personnes chaque année en France soit 1 jeune sur 10. 1 jeune sur 5  est victime de cyber-harcèlement, sur internet et les réseaux sociaux.

L’école est le lieu où l’on transmet les clés à l’enfant pour se développer, construire son identité et sa personnalité, ne laissons pas ce type de violences engendrer des séquelles sur l’enfant et menacer son développement.

La lutte contre le harcèlement concerne tout le monde : les victimes, les harceleurs, les témoins, les parents et la communauté éducative.

 

Bien souvent, les victimes déclarent en avoir parlé à personne, s’être isolé et ne pas avoir trouvé de solution, et c’est la raison pour laquelle l’association H.U.G.O existe, pour pouvoir libérer la parole aux victimes, leur apporter du soutien, et les accompagner à se sortir de cette situation.

 

Un article de Elsa Perret